25/01/2016
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La Chimiothérapie, généralités




Granulocyte, polynucléaire


Les prises de sang, la NFS

Les prises de sang chaque semaine contrôlent les trois types de leucocytes, globules blancs que sont les monocytes, les lymphocytes et les granulocytes. Le granulocyte, ici en photo possède un gros noyau. Il faut surveiller les plaquettes. Plus les séances de chimio s'accumulent, plus la récupération est longue. Il faut parfois retarder les séances d'une à plusieurs semaines en attendant un niveau suffisant.

NFS, numération de la formule sanguine ou histogramme
C'est l'examen le plus fréquent car les chimiothérapies ont un impact sur toutes les cellules en division dont les cellules souches de la moelle osseuse qui fabriquent les globules blancs, rouges, plaquettes. Les résultats vous sont donnés avec une fourchette habituelle.
Les chiffres sont variables selon le sexe, l'âge. Les laboratoires ont des logiciels qui en tiennet compte pour donner la fourchette.
Les hématies ou globules rouges : 
4,2 à 5,7 millions (homme).
4 à 5,3 (femme)
3,5 à 5 (enfant de 3 à 10 ans)
Le manque de globules rouges est l'anémie.
L'hémoglobine :
14 – 17 g / 100 ml : chez l'homme.
12,5 – 15,5 g / 100 ml : chez la femme.
12 -14,5 (enfant de 3 à 10 ans)
Une hémoglobine inférieure à 10 est révélateur d'anémie.
L'hématocrite :
40 – 52 % : chez l'homme.
37 – 46 % : chez la femme.
La concentration baisse dans les anémies.

Les plaquettes
150 000 – 450 000 / mm3. (même chiffre pour homme, femme, enfant)
Des plaquettes trop basses sont des risques de saignement, d'une mauvaise coagulation. Un nombre de plaquette inférieur à 150000 est une thrombopénie

Les leucocytes ou globules blancs.
4000 – 10000 /mm3 pour les adultes 4500-13000 pour les enfants de 3 à 10 ans.
Moins de 4000 est une leucopénie (de leucos, blanc)
Ils sont de 3 types :
- les polynucléaires
-les lymphocytes
-les monocytes.

Les polynucléaires ou granulocytes :
-polynucléaire neutrophiles :
45%-70 %. (1800-7000)
Les neutrophiles baissent avec la chimiothérapie. Il sont les premiers à réagir dans une infection.
La baisse des neutrophiles est une neutropénie
-polynucléaires éosinophiles :
1%-3% (40-300)
-polynucléaires basophiles
0,25%-0,5%
(10-35)

Les lymphocytes
20%-40% (1000 à 4000).
Ils sont responsables du système immunitaire. Leur nombre augmente avec les infections..

Les monocytes
3%-7% (200 à 1000)

Chimiothérapie orale ou intraveineuse ?
Le glioblastome est un cancer redoutable, il faut le combattre avec le traitement le plus agressif possible mais qui a le moins d'effets secondaires. Votre oncologue ou votre neuro-oncologue est votre seul interlocuteur, vous devez avoir son numéro de téléphone pour le contacter en cas de difficultés. Il va vous suivre, déterminer le produit le mieux adapté. Il existe plusieurs chimiothérapies, orales ou en intraveineuses, plus ou moins actives sur les tumeurs cérébrales, avec des modes d'action différents, les alkylants comme le Temodal, le CCNU des chimiothérapies orales ou BCNU en intraveineuse, des anti-topoisomérases comme CPT-11. Il peut y avoir une réponse positive au traitement, réponse complète avec réduction importante de la tumeur, réponse partielle avec réduction plus modeste ou la maladie stable. En cas de progression ou de récidive, votre oncologue changera votre chimiothérapie. Le glioblastome est une tumeur assez résistante à la chimiothérapie, et désormais elle est associée en basse dose journalière à la radiothérapie dès le diagnostic posé. Un protocole standard connu sous le nom de protocole Stupp, sur les glioblastomes de grade IV, récemment diagnostiqués a été validé pour l'Europe en 2004 et consiste en une radiochimiothérapie (RCHT) avec Temodal basse dose journalier à 75mg/m2 à prendre 1 heure avant la séance de radiothérapie. A la fin de la radiothérapie après 1 mois de repos, reprise de 6 cycles de Temodal à 150mg/m2 pour le 1er cycle porté à 200mg du second au 6ème cycle. Il est également important de respecter les délais, chirurgie totale, partielle ou biopsie, suivi 12 jours plus tard du diagnostic. Aussitôt préparation de la radiochimiothérapie qui nécessite 3 semaines, début de la radiochimiothérapie 5 semaines après la chirurgie ou la biopsie. La radio-chimiothérapie dure 6 semaines, vous avez ensuite un mois de repos mais il ne faut pas oublier, dès la fin, de prendre ce rendez-vous IRM pour 1 mois plus tard. Avec votre IRM, votre bilan sanguin, votre oncologue vous prescrira le premier cycle de Temodal 5/28 jours à commencer immédiatement. Vous prenez rendez-vous pour l'IRM à la fin de ce cycle avant de revoir l'oncologue. Les 6 cycles doivent être continués même en cas de progression, ce sont des fausses progressions généralement.

L'évolution depuis 40 ans
Les avancées de la chimiothérapie antitumorale ont été obtenues grâce à des médicaments ayant une nouvelle structure chimique et/ou un nouveau mécanisme d'action
1- les anthracyclines (1960)
2-le cisplatine (1970)
3- les taxoïdes et les dérivés de la camptothécine (1990) : Taxol (paclitaxel), le Taxotère (docétaxel) [1, 2], le Campto (CPT-11, irinotécan) et l'Hycamtin (topotécan).
Le Taxol et le Taxotère ont un large spectre d'activité clinique : leur apport est significatif, pour le moment, dans le traitement des cancers de l'ovaire et des cancers du sein résistants aux anthracyclines. Dans la série « camptothécine », l'innovation majeure provient du Campto, médicament actif dans le cancer colique réfractaire au 5-fluoro-uracile. Les études en cours de ces médicaments (polychimio-
thérapie, activité dans les traitements en première ligne) permettront de préciser leur apport réel dans l'arsenal chimiothérapeutique.

Le Temodal (temozolomide)
L'année 2000 a vu l'arrivée aux Etats-Unis et en France simultanément du Temodal, une chimiothérapie qui a apporté un peu de lumière dans le pronostic sombre des gliomes malins. Puis on a donné simultanément du Temodal avec les 30 séances de radiothérapie, les résultats ont encore été meilleurs. En règle générale, 1 patient sur 2 réagit bien au Temodal, et nous pouvons avoir de bons résultats. Pour les 50% de patients sur lesquels Temodal est inefficace, on peut améliorer son action en ajoutant du Celebrex. En cas d'échec du Temodal, on passera de préférence sur du CPT11-Camptosar-Iritonecan (Inhibiteur de topoisomérase mais non approuvé) mélangé si possible avec Bévacizumad-Avastin (antiangiogénique), car on a constaté, bien que les alkylants soient les plus efficaces, que de passer directement au BICNU qui a le même mode d'action que le Temodal après l'échec de ce dernier n'était pas très efficace et qu'il était préférable d'alterner avec du CPT 11 pour revenir ensuite à BICNU.

Les effets secondaires
La chimiothérapie peut provoquer des nausées qui seront évitées par un antiémétique (Kytril généralement) mais semble avoir moins d'effets secondaires que la radiothérapie.

Prise de sang chaque semaine
Il convient de surveiller les globules blancs et les plaquettes. Les taux constatés sont les plus bas au milieu du cycle. En cas de plaquettes insuffisantes, vous risquez une hémorragie. Les premiers symptômes sont des saignements de gencives. En cas d'insuffisance on fera une transfusion de plaquettes. En cas d'insuffisance de globules blancs, on fera des injection de granocyte 34 (600F environ chaque piqûre) qui aura pour effet de multiplier les globules blancs fabriqués dans la moelle osseuse.

La Chimio comment ça marche ?
Si plusieurs milliers de substances ont été testées, on n'en utilise en fait qu'une cinquantaine. Depuis la première moutarde azotée, on a pris l'habitude de classer les produits :
Le cycle normal d'une cellule est G1 pui S (synthèse ADN) puis G2 et enfin M (Mitose)
En phase G1
-taxanes et cisplatine
En Phase S
- les antimétabolites (nitroso-urées) bloquent la synthèse de l'ADN, ce sont :
1-les alkylants (cisplatine, Bicnu, Témodal) qui agissent par méthylation de la cytosine (une des base de l'ADN)
2-les intercalants,
3-les cassants qui se fixent entre les brins d'ADN agissent sur la topoisomérase (CPT 11)
En phase M
-les antimitotiques ou poisons du fuseau empêchent la division (alcaloide de la pervenche).
En cas d'échec d'un chimiothérapie, il faut en choisir une autre qui a un mode d'action différent, un inhibiteur de topoisomérase au lieu d'un alkylant.


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