29/06/2021
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Hydroxychloroquine ou Plaquénil


Plaquenil
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L’hydroxychloroquine est efficace en labo, mais pas in vivo, on a l'explication, l'effet phospholipidose.


Libération indique en effet qu’« une équipe de chercheurs a découvert un mécanisme expliquant que certaines molécules, déjà sur le marché, sont efficaces contre le Covid-19 in vitro, mais pas en situation réelle. Olivier Monod relaie les travaux de chercheurs de l’Institut Pasteur, de la société Novartis, du Quantitative Biosciences Institute et de l’université de Californie, à San Francisco, qui viennent de publier un article dans Science. Marco Vignuzzi, responsable de l’unité Populations virales et pathogenèse à l’Institut Pasteur et coauteur, remarque aussi que dans l’histoire de la virologie, jamais autant de molécules déjà existantes n’avaient été testées pour voir si elles avaient un effet antiviral. Beaucoup de molécules semblaient avoir un effet in vitro sur le Sars-CoV-2. Cela nous a semblé surprenant, presque trop encourageant. Olivier Monod explique que les chercheurs ont essayé de comprendre ce qui reliait entre elles des molécules aussi différentes que l’hydroxychloroquine, l’azithromycine mais aussi la desloratadine (un anti-allergique) ou encore la fluoxetine. Le journaliste note que ses collègues biochimistes ont trouvé la solution à l’énigme. Il s’avère que tous nos candidats efficaces in vitro ont une propriété physico-chimique commune, ce sont des composés qui sont dits amphiphiles cationiques, c’est-à-dire qu’ils aiment les lipides et portent une charge positive, détaille Marco Vignuzzi. En conséquence, tous ces composés perturbent la fabrication et le transport des lipides dans les cellules. Les scientifiques appellent cela la phospholipidose. Le chercheur indique que le virus a besoin de lipides pour survivre, c’est pourquoi un médicament qui induit la phospholipidose peut avoir un effet antiviral. Olivier Monod note que les auteurs décident donc de tester si les molécules démontrant une efficacité contre le Covid-19 en laboratoire déclenchent aussi la phospholipidose. Bingo, une corrélation directe est mise en évidence. Le journaliste relève que pour les chercheurs, c’est une victoire douce-amère. En effet, si la phospholipidose explique l’action des médicaments in vitro, il ne faut pas s’attendre à constater un effet en condition réelle. La phospholipidose est toxique pour les cellules humaines. Les médicaments qui la provoquent sont administrés à des doses et sur des durées trop faibles pour pouvoir la déclencher dans le corps.

En clair, l’étude suggère que si l’efficacité d’une molécule in vitro repose sur la phospholipidose, autant arrêter les essais sur cette molécule tout de suite. L’effet observé sur des cellules en laboratoire serait dû à des doses de produit qu’on ne peut administrer à un être humain, continue Olivier Monod. Marco Vignuzzi souligne que d’une part cela va permettre de ne pas gaspiller de ressources à tester des molécules qui ont peu de chance d’être actives. D’autre part, en étudiant la phospholipidose, on pourrait trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques contre les virus. Olivier Monod conclut que si le repositionnement de molécules connues n’a pas porté ses fruits contre le Covid-19, c’est aussi parce que l’éventail de molécules antivirales connues est faible. Contrairement aux bactéries, avec les antibiotiques, nous ne disposons pas de beaucoup de molécules efficaces contre les virus. Un manque qui pourrait devenir un objectif de toute une génération, comme le proposait le Pr Xavier de Lamballerie lors d’une audition parlementaire début juin.


Vocabulaire

Hydroxychloroquine L’hydroxychloroquine est un médicament indiqué en rhumatologie dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux disséminé pour ses propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices. Elle est inscrite sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS.
Formule : C18H26ClN3O



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